6 raisons de manifester en nombre pour nos pensions le #16mai

Le rendez-vous est pris. Les organisation syndicales appellent à descendre massivement dans les rues de Bruxelles le 16 mai prochain. Objectif ? Défendre nos pensions contre les attaques du gouvernement. Cet appel à la mobilisation est la deuxième étape d'un plan qui a démarré par la distribution de plus d’un million de gazettes de sensibilisation.

Benjamin Pestieau et Geert Haverbeke

Au mois de mars, la première étape du plan a commencé, avec la distribution d'une gazette de sensibilisation contre les plans du gouvernement en matière de pensions. Les plus d'un million de gazettes distribuées ont été accueillies avec enthousiasme dans les entreprises ou sur les marchés. La manifestation du 16 mai pourrait constituer une nouvelle étape pour mettre sous pression le gouvernement. Il y a au moins six raisons de soutenir très largement cet appel.


1. Ne laisser aucune chance à la pension à points

« Le plus important, c'est la pension à points. C'est ce qui finalement doit être la vision à long terme. Je pense que si l'on regarde d'ici aux élections à venir, on devrait transposer cela dans un accord-cadre. Et le gouvernement suivant devra s'y atteler car les plans sont de l'appliquer en 2025 ou 2030 », voilà comment le libéral Vincent Van Quickenborne, ancien ministre des pensions, s'exprimait sur les plateaux TV. Dans la suite de son intervention, il demande d'avoir une seconde chance pour obtenir le soutien de la population pour la pension à points.1

Le gouvernement n'a donc pas abandonné son projet de pension à points. Après la manifestation du 19 décembre, ils ont temporisé et essayé de faire redescendre la pression. Ils ont gardé leur projet à l'écart un certain temps. Mais ils restent déterminés à la faire adopter, en tout ou en partie, avant la fin de législature.

Le gouvernement veut une seconde chance. Ne la lui donnons pas. Le 16 mai, on devra donc être nombreux pour ne laisser aucune chance à la pension à points.

La pension à points, c'est quoi encore? Cliquez ici pour un petit rappel.

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2. Défendre le droit de s'arrêter plus tôt pour une pension décente

Pour la grande majorité des salariés, travailler jusque 67 ans est tout simplement infaisable. Pourtant, le gouvernement veut les y contraindre. Le gouvernement tente de fermer toutes les portes permettant de s'arrêter plus tôt. Et les rares qui auront l'autorisation de s'arrêter plus tôt parce que reconnus comme métier pénible seront sanctionnés par une lourde perte sur le montant de la pension.

Si la réforme sur les métiers pénibles passe, plus personne ne pourra s'arrêter avant 60 ans

Bruno, par exemple. Il a travaillé 20 ans en équipe de nuit. Jusqu'il y a peu, il pouvait prendre sa prépension pour métier pénible à 58 ans après 40 ans de carrière. Pendant sa prépension, il continuait à construire sa pension pour avoir à 65 ans une pension complète. Aujourd'hui, le gouvernement est en train de supprimer progressivement toutes les possibilités de prépension. Entre autres en obligeant les prépensionnés à être disponibles sur le marché du travail.

Le ministre assure qu'avec sa nouvelle loi sur les métiers pénibles, Bruno pourra s'arrêter encore plus tôt. C'est faux. Il devra travailler au moins 3 ans de plus (jusque 61 ans) et pour une plus petite pension (on ne lui comptera moins d'années de carrière au final).

Si la réforme sur les métiers pénibles passe, plus personne ne pourra s'arrêter avant 60 ans. Même ceux qui ont eu les boulots les plus durs. Là encore, c'est infaisable pour beaucoup de travailleurs. L'espérance de vie en bonne santé pour une femme de ménage ne dépasse souvent pas 55 ans. Et le gouvernement veut la faire travailler jusqu'après 60 ans !

En d'autres mots, il veut lui voler ses quelques années de repos et de liberté auxquelles elle devrait avoir droit après une carrière plus que remplie. Le 16 mai ce sera important d'être nombreux pour défendre le droit de s'arrêter vraiment plus tôt avec une pension décente.

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3. Nous pouvons gagner

Le 19 décembre 2017, la mobilisation sociale a réussi à faire reculer le gouvernement sur ses réformes des pensions. Tout devait être bouclé pour la Noël et jusqu'ici, ses dernières réformes ne sont toujours pas passées. Il a dû temporiser car les pensions sont le talon d’Achille du gouvernement. C’est un des éléments les plus impopulaires de sa politique. Qui est d'accord de travailler jusque 67 ans ? Pas grand monde, et il le sait.

Des fortes mobilisations peuvent arrêter l’attaque contre les pensions, notamment la pension à points. En particulier si nous sommes nombreux et déterminés le 16 mai prochain. En particulier si nous arrivons à prolonger la dynamique du 16 mai dans d'autres grands moments de mobilisation.

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4. Construire une résistance sociale européenne

Plusieurs journaux parlent d'un printemps social européen

Les gouvernements européens agressent leur population... Mais la résistance se développe dans plusieurs pays d'Europe. Plusieurs journaux parlent d'un printemps social européen.

En France, les cheminots, rejoints notamment par les étudiants et d'autres secteurs ont lancé le premier grand bras de fer avec Macron.

En Espagne, la mobilisation continue contre… la pension à points - version espagnole. Les manifestants exigent la hausse des pensions et annoncent multiplier les manifestations jusqu'à ce qu'ils aient obtenu leurs revendications. Dimanche 15 avril, ils étaient, pour la quatrième fois en deux mois, des milliers dans toutes les grandes et moyennes villes d'Espagne.

En Allemagne, les services publics se mobilisent depuis des mois pour arracher des augmentations de salaires après des années de vaches maigres.

En Belgique aussi, la date du 16 mai est fixée dans les agendas. Une grande mobilisation sociale ce jour là sera la meilleure contribution au développement d'un rapport de force européen en faveur des travailleurs.

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5. Pour une société chaleureuse et solidaire.

Les travailleurs ont construit la sécurité sociale, le gouvernement veut aujourd'hui la détruire et construire l'insécurité sociale. Et, pour y arriver, il essaie de nous entraîner dans toutes sortes de débats pour nous diviser (racisme, communautaire…). Avec la manifestation du 16 mai, nous pourrons remettre le débat essentiel sur la table : veut-on une société froide et individualiste ou une société chaleureuse et solidaire ?

La sécurité sociale, c'est la fortune des sans fortunes

La sécurité sociale, c'est le système de solidarité construit largement par les cotisations des salariés qui permet d'assurer à tout le monde l'accès à la pension, aux soins de santé, aux allocations familiales ou de chômage, aux vacances annuelles... Une partie de nos salaires est directement mise dans une caisse commune et chacun en bénéficie lorsqu'il en a besoin. C'est un système efficace que de nombreux pays nous envient.

Mais le gouvernement veut en finir avec ce système collectif, basé sur la solidarité. Il veut de l'individualisme. Il veut un monde de la concurrence, du « chacun pour soi ». Un monde où le travailleur n'est plus un collègue, mais un concurrent. Un monde où un malade est un improductif qu'il faut remettre au travail le plus vite possible. Un monde où le chômeur n'est pas quelqu'un qui a été privé d'emploi, mais quelqu'un qui profite et qu'il faut sanctionner.

La pension à points et la suppression des systèmes de départ avant l’âge de pension contribuent à démanteler le système de solidarité. Comme il n'y aurait plus de certitude concernant le montant de la pension, le gouvernement pousse l'ensemble de la population à confier son épargne aux banques et spéculateurs pour se constituer sa propre épargne (sous forme d'épargne-pension). C'est le règne de l'insécurité et du chacun pour soi.

Manifester le 16 mai, c'est défendre une autre vision de société. Une société chaleureuse et solidaire.

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6. Nous avons une alternative

Dépenser des milliards dans de nouveaux avions de chasse inutiles ou investir dans le droit au repos de nos aînés ?

Le PTB sera bien présent le 16 mai pour défendre le droit à la pension, une période de repos en aussi bonne santé que possible après une carrière bien remplie. Concrètement, nous défendrons le retour de l'âge légal à la pension à 65 ans, le redéveloppement d'un système de pension anticipée de qualité dès 60 ans, des systèmes de fin de carrière dès 55 ans et des règles spécifiques pour les métiers pénibles permettant de s'arrêter à 58 ans.

Le montant de la pension doit être de 1500 euros minimum. Car nous avons en Belgique déjà les pensions les plus basses d’Europe.

Il est tout à fait possible de financer ces revendications. C’est un choix de société. Un choix sur ce que nous allons faire des richesses que nous produisons tous les jours. Enrichir toujours plus une poignée d’actionnaires ou améliorer nos vies en nous permettant d’arrêter plus tôt ? Dépenser des milliards dans de nouveaux avions de chasse inutiles ou investir dans le droit au repos de nos aînés ? Telles sont les choix politiques que nous continuerons à poser. Le 16 mai dans la rue et d’ici là à travers notre grande campagne pastoucheanospensions.be.

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La pension à points, c'est quoi encore?

Pour rappel, la pension à points, c'est ce mécanisme par lequel le gouvernement veut allonger automatiquement notre carrière ou baisser le montant de notre pension en fonction de l'espérance de vie ou de la situation budgétaire. Ce système existe en Suède depuis des années et aujourd'hui, il faut travailler jusque 68,5 ans pour gagner la pension qu'on avait avant à 65 ans. En Allemagne, depuis qu'on a introduit la pension à points en 2002, le montant des pensions a baissé de 10 % par rapport aux salaires. Résultat ? 2,7 millions d'Allemands de plus de 65 vivent sous le seuil de pauvreté. La pension à points c'est donc travailler plus longtemps alors qu'on est malade du boulot. La pension à points c'est donc des pensions encore plus petites alors qu'on a déjà les pensions parmis les plus basses d'Europe.

1 VRT, 7de Dag, 4 mars 2018


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  • Benjamin Pestieau
    a commenté 2018-05-08 23:27:38 +0200
    Tout à fait juste que la question “nos pensions sont-elle payables?” est très importantes. Et même, de meilleures pensions sont-elles payables? Réponse sur: https://ptb.be/articles/des-pensions-plus-elevees-sont-elles-payables
  • Gerard Mugemangango
    a commenté 2018-04-28 17:33:11 +0200
    L’article est bien, mai on y dit pas concrètement comment on va payer l’alternative, et ce sont des questions que les gens posent sur le terrain.