10 bonnes raisons de se bouger pour nos pensions

Le 19 décembre, les syndicats appellent à une grande manifestation pour les pensions à Bruxelles. Mais y a-t-il vraiment de quoi se mobiliser ? Et cela sert-il à quelque chose ? Réponse en 10 points. La 5 va vous surprendre !

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Plus de 15 000 personnes se sont déjà engagées pour défendre nos pensions en ajoutant leur signature à l’action du PTB sur www.pastoucheanospensions.be. Et vous ?

1. Trop, c’est trop

Sarah est employée. Elle a 42 ans, et la pension lui semble encore loin. Mais elle a quand même été voir sur mypension.be, par curiosité. Résultat :  elle devra travailler jusqu’à ses 67 ans pour obtenir une carrière complète. Et ce, pour toucher 1 283 euros par mois. Douche froide.

Il faut dire que le gouvernement a déjà pris beaucoup de mesures qui nous font travailler tous et toutes plus longtemps, et pour moins de pension. La pension à 67 ans, les attaques sur les prépensions et les crédit-temps, ou encore plus récemment une mesure qui fait perdre jusqu’à plus de 100 euros de pension à des gens qui ont commencé à travailler avant leurs 20 ans. Et ce, alors que nous avons déjà les pensions parmi les plus basses d’Europe.

2. La pension à points, ou l’automatisation des attaques sur les pensions

Et si on vous disait que le gouvernement a trouvé LA mesure qui va rendre automatique toutes les attaques à venir sur nos pensions ?

Même plus besoin d’en débattre : nos pensions baisseront automatiquement et on devrait automatiquement travailler plus longtemps. Comment ? Avec la pension à points.

Avec ce système, on ne construit pas sa pension avec des euros, mais avec des points.

Ce n’est qu’en fin de carrière qu’on saura combien valent en euros les points qu’on a accumulés. Et ces points vaudront moins s’il y a un trou dans le budget. Donc si le gouvernement devait encore sauver les banques comme avec la crise de 2008, notre pension baisserait. Bref, l’insécurité totale sur le montant de notre pension future.

3. Vivre plus longtemps ne doit pas être une mauvaise nouvelle

C’est l’autre grand aspect de l’insécurité sur nos pensions avec le système à points.

Ce n’est que trois ans avant notre pension qu’on saura exactement quand on pourra la prendre. Et, en gros, on travaillera tous automatiquement plus longtemps si l’espérance de vie augmente. Voilà une manière de transformer une bonne chose – le fait de vivre plus longtemps – en une mauvaise nouvelle.

Et c’est justement parce qu’on a commencé à travailler moins longtemps qu’on a commencé à vivre plus longtemps…

4. On est une majorité à refuser cette politique...

Neuf Belges sur dix ne se voient pas travailler jusqu’à 67 ans, et la majorité des gens veulent s’arrêter à 60 ans, voire avant. Si on partait de là, plutôt ?

Ne dit-on pas qu’on travaille pour vivre et qu’on ne vit pas pour travailler ? Dans une société riche comme la nôtre, n’est-il pas temps de mieux répartir les richesses pour nous permettre de profiter plus de la vie ?

D’ailleurs, trois Belges sur quatre de 55 à 65 ans souffrent d’une ou plusieurs maladies chroniques. N’a-t-on pas droit à quelques années de vie en bonne santé après avoir travaillé toute notre vie ?

5. … et on peut gagner

Fin juillet, le gouvernement conclut son « accord d’été ». Tout fiers, les ministres vont fêter ça au festival Tomorrowland, et se prennent pour les rois de la piste. Mais ils auraient dû se méfier. Le député PTB Raoul Hedebouw l’a d’ailleurs rappelé à Charles Michel au Parlement : « À Tomorrowland, il y a eu un signe. Quand DJ Jackmaster vous a foutu hors de son podium. C’était un signal clair pour vous et votre accord d’été : si vous ne revenez pas sur vos plans, c’est la population qui vous mettra dehors. »

Et en effet, dès la fin du mois d’août, la polémique commencé à gonfler : les nouvelles attaques sur les pensions ne passent pas. Au point que le ministre de l’Emploi Kris Peeters confie au journal De Morgen : « Je m’inquiète beaucoup de l’image de l’avenir des pensions. Savez-vous combien de mails j’ai reçu sur les discussions à propos des pensions ? 35 000. Des gens m’en parlent dans la rue. (...) Une communication peu claire sur la politique de pensions est mortelle pour un gouvernement. »

Et oui : ils ont la trouille. Depuis le début, la politique de pension du gouvernement est un de ses points faibles, son talon d’Achille. Et il le sait. C’est un des éléments les plus impopulaires de sa politique, et donc un de ceux où une forte mobilisation peut obtenir une victoire, en étant nombreux et déterminés.

6. 1 100 euros de pension, ça vous convient ?

La N-VA est claire : pour elle, 1 100 euros de pension, c’est parfaitement acceptable. Pourtant, c’est littéralement le seuil de pauvreté en Belgique pour un isolé.

La droite estime que les pensionnés n’ont qu’à se débrouiller et vivre dans la pauvreté.

Facile, pour des parlementaires et ministres qui peuvent partir à 55 ans à la pension en cumulant des montants jusqu’à plus de 6 000 euros par mois.

 

7. Nos pensions ne doivent pas payer les cadeaux aux patrons

Dans son fameux accord d’été, le gouvernement a trouvé une idée géniale : réduire (encore) l’impôt des sociétés. Mais cela a un coût, puisque les grandes entreprises paieront encore moins d’impôts… Total : 5,5 milliards d’euros en moins pour l’État. Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), qui s’efforce depuis sa nomination de servir au mieux les actionnaires des multinationales, assure qu’il trouvera de l’argent ailleurs et que le citoyen ne sentira pas ce coût passer.

Mais bon, c’est lui qui avait assuré en 2014 que le budget de l’État serait en équilibre pour 2017. Un an plus tard, il reportait l’objectif à 2018. Et en avril dernier, il annonçait que ce ne sera pas encore pour 2018, ni même 2019. Autant dire que ces 5,5 milliards, on doit bien s’attendre à devoir en payer une partie nous-mêmes. Or justement, que prévoit la pension à points que le gouvernement veut introduire ? Que les pensions baisseront s’il y a un trou dans le budget de l’État. Vous le voyez venir ?

8. Les jeunes au boulot, les anciens au repos

Il y a en Belgique presque 600 000 demandeurs d’emploi. Chez les jeunes, particulièrement, le taux d’emploi a même baissé. Et ce n’est pas le fait de nous faire travailler plus longtemps qui va aider.

En Suède, où le système à points a été introduit et où l’âge de la pension a été associé à l’espérance de vie, le chômage des jeunes a plus que doublé depuis le relèvement de l’âge de la pension.

Et si on donnait plutôt l’occasion aux jeunes de bosser en laissant partir à la pension ceux qui ont déjà une belle carrière derrière eux ?

9. Ce gouvernement attaque les femmes

En matière de pensions comme dans d’autres domaines, les femmes sont encore plus touchées que les hommes. Six femmes sur dix devront d’office travailler jusqu’à 67 ans.  

Pourtant, beaucoup de femmes s’occupent encore davantage des enfants et des proches, continuent à assurer la grande majorité des tâches ménagères et supportent par conséquent une double charge de travail.

À l’heure actuelle, près de 59% des femmes pensionnées vivent avec une pension inférieure au seuil de pauvreté.

10. Si c’est possible en Autriche, pourquoi pas chez nous ?

En 2003, le gouvernement de droite autrichien proposait une réforme des pensions comportant la suppression des pensions anticipées et le démantèlement progressif des allocations de pension. C’était compter sans la population.

Un jour de mai, l’Autriche se réveillait au son de plus de 10 000 actions aux quatre coins du pays contre le « hold-up sur les pensions ». Une semaine plus tard, le syndicat ÖGB organisait une grande manifestation dans la capitale. Plusieurs autres manifestations avaient suivi, tant locales que nationales. Le gouvernement était dans les cordes et les pensions sauvées.

C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, en Autriche, l’âge de la pension légale est toujours fixé à 60 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes. Les pensions y sont beaucoup plus élevées : 1 800 euros en moyenne pour les hommes.

Comment font-ils ? C’est une question de choix : ils consacrent tout simplement une plus grande part de leurs richesses aux pensions. Chez nous aussi, c’est possible. Encore faut-il réellement s’en prendre à la grande fraude fiscale, que les multinationales paient réellement leurs impôts et que les millionnaires contribuent à la société.

Alors, rendez-vous le 19 décembre ?


Montrer 4 réactions

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  • David Baligand
    a commenté 2017-12-15 19:12:53 +0100
    certains parti politiques jouent avec les finances de notre pays et à un certain moment les finances diminuent.
    Alors ceux-ci rejettent leurs fautes sur les citoyens et touchent à tous les secteurs (sécurité social , pensions, etc).
    Pourquoi on doit payer pour la faute de certains dirigeants incompétents?
    Pourquoi doit-on travailler plus pour avoir une pension moindre?
    Il faut arrêter le cirque bouglionne.
  • Diego Delavega
    a commenté 2017-12-14 06:26:54 +0100
    Mon beau frère à travailler 45 ans en usine pour avoir une pension de 1184€ !!!!!! Honteux
  • Carine Delvaux
    a commenté 2017-12-13 18:43:28 +0100
    1.100 € par mois pour les petits pensionnés versus 6.000 € par mois pour les pensions des mandataires… Y aurait pas comme un déséquilibre, là ? Quelque chose qui me ferait penser comme à de l’injustice… voire de l’arnaque….
  • jean Claude Mergaerts
    a commenté 2017-12-13 17:35:04 +0100
    Et vous oubliez quand fin d’année on vous taxe encore sur nos petites pensions, Que dites-vous de ceci qui est toujours oublié dans vos calculs ??? le net n’est pas ces chiffres exactes.